Root Zone n°1 · Fraise
Replanter dans les sacs de l’an dernier évite un achat et un transport. Mais un coco de deuxième saison n’est plus le même substrat : il peut porter les maladies, les ravageurs et les adventices de la saison passée, il a perdu de l’air et il retient plus d’eau. Voici les risques que mesurent les essais, et comment les limiter si vous gardez vos sacs.
Ce que vous risquez
- Un risque sanitaire : vous replantez dans les maladies de l’an dernier.Un sac usagé garde ce que la saison passée y a laissé. NIAB rappelle que la réutilisation du coco est connue pour augmenter les problèmes de maladies, de ravageurs et d’adventices. Dans son essai, la présence de Phytophthora cactorum, responsable de la pourriture du collet, a augmenté dans le coco composté. En Tasmanie, des pathogènes ont été détectés dans certains sacs réutilisés. Et un substrat qui reste humide en surface augmente l’humidité sous le feuillage, donc la pression des maladies tout au long de la saison.
- Des racines qui manquent d’air au fond du sac.Dans l’essai NIAB, le coco réutilisé directement contenait moins d’air que le coco vierge et retenait beaucoup plus d’eau, parce qu’il avait perdu une partie de ses grosses particules (5 à 20 mm). Au fil de la saison, les particules fines descendent et bouchent la porosité du bas du sac : le fond reste humide plus longtemps, l’oxygène manque, les racines fonctionnent moins bien et les plants deviennent plus difficiles à conduire en fin de saison.
- Une perte de rendement, surtout sur les remontantes.Les fraisiers replantés directement dans du coco usagé ont produit 10 % de moins que dans du coco vierge. Dans un projet antérieur, les non remontantes ont bien supporté la replantation, mais les remontantes replantées année après année ont subi une perte de rendement importante.
- Un équilibre chimique qui a bougé.Après une saison, le pH, l’EC et les teneurs en potassium et en calcium du coco ne sont plus celles du neuf, et l’écart dépend du mélange de départ. Une recette de fertirrigation calée sur du coco vierge peut donc ne plus convenir. Les essais tasmaniens observent aussi des accumulations locales d’EC dans les coins et les points bas, difficiles à rincer, même sans changer la recette.
- Trop d’eau, si vous irriguez comme avec du neuf.Dans l’essai NIAB, tous les cocos ont reçu les volumes et la solution prévus pour du coco vierge, et NIAB estime que certains plants ont pu recevoir trop d’eau et une alimentation déséquilibrée, ce qui a pu réduire le rendement.
Sources : NIAB, Fruit Annual Review 2023, « Developing methods to recycle coir substrate », p. 26 ; Fruit Growers Tasmania / RMCG, « Coir reuse project findings » (2026)
coco réutilisé directement
coco composté
coco recyclé
Rendement par rapport au coco vierge. Essai NIAB, 2022-2023.
Garder vos sacs, c’est garder aussi ce qu’ils contiennent : les pathogènes, les ravageurs et les adventices de la saison passée, dans un substrat qui a perdu son air.
Si vous gardez vos sacs, limitez les risques
- Ne gardez pas les sacs d’une culture qui a eu des problèmes sanitaires.Pourriture du collet, autres maladies racinaires, ravageurs : si une parcelle en a eu cette saison, ses sacs ne doivent pas repartir pour une autre. Sur les autres, surveillez de près l’état des plants dès la reprise.
- Ouvrez quelques sacs avant de replanter.Prenez-les à différents endroits du tunnel ou de la serre et regardez le tiers inférieur. S’il est dense, sombre et humide, la structure est partie, quel que soit l’aspect du dessus.
- Réservez la réutilisation aux cultures qui la supportent.Les essais montrent que les cultures les plus courtes la supportent mieux que les remontantes replantées année après année.
- Adaptez l’irrigation dès le premier jour.Un coco usagé retient davantage d’eau : réduisez les volumes par rapport au neuf, suivez le drainage et l’EC des eaux de drainage, en particulier dans les zones difficiles à rincer.
- Gardez une référence en sacs neufs.Quelques rangs en sacs neufs à côté des sacs réutilisés vous donnent une vraie comparaison sur votre propre exploitation, sans mettre la saison en jeu.
Sources : NIAB, Fruit Annual Review 2023, p. 26 ; Fruit Growers Tasmania / RMCG (2026)

Côté économie, l’analyse tasmanienne place encore le coco neuf en sacs, pour une seule saison, en tête de la marge brute avec les hypothèses actuelles. La réutilisation devient plus intéressante si le prix du coco augmente. Le recyclage cherche à garder l’économie sans le risque. Dans l’essai NIAB, le coco recyclé sans apport de matière neuve n’avait pas plus de Phytophthora cactorum que le coco vierge, mais il a encore perdu 4 % de rendement. NIAB juge cet écart significatif.
Sources : Fruit Growers Tasmania / RMCG (2026) ; NIAB, Fruit Annual Review 2023, p. 26
Pourquoi Regrow existe
Sur une saison de fraises, 4 % de rendement en moins reste une perte. Regrow est né pour la combler. Le substrat usagé est stérilisé, ce qui traite le risque sanitaire, puis mélangé avec du coco neuf, qui redonne de la structure fraîche là où les essais montrent que se perd l’essentiel du rendement. Regrow est fabriqué et recyclé au Royaume-Uni, pour les producteurs de petits fruits et de légumes.
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